Au port de Querqueville, les mouettes font partie du décor, mais il suffit d’un instant d’attention pour comprendre qu’elles sont bien plus que cela. En avril, lorsque la lumière devient plus franche et que le ciel se dégage, elles offrent un spectacle fascinant, entre immobilité majestueuse et envols soudains.
Sur les quais, certaines observent le large, posées sur les murets marqués par le temps et les embruns. Leur posture est presque sculpturale, comme figée dans une attente silencieuse. Le contraste entre leur plumage clair et le bleu profond du ciel crée une scène d’une grande pureté visuelle.
Puis, en un instant, tout bascule. Une mouette déploie ses ailes, glisse dans l’air et traverse le cadre avec une aisance parfaite. Le vol devient alors une ligne graphique, une courbe vivante qui dialogue avec l’horizon. Photographier ces moments, c’est tenter de saisir l’équilibre fragile entre mouvement et légèreté.
Plus près de l’eau, l’activité est plus vive. Une plongée, une éclaboussure, et la surface se brise. La mer, habituellement calme, devient le théâtre d’une scène furtive où la mouette disparaît presque pour réapparaître aussitôt, triomphante ou non.
Ces instants, simples en apparence, racontent la vie du port. Ils parlent de liberté, d’adaptation et de présence constante. À Querqueville, les mouettes ne sont pas seulement des silhouettes familières : elles sont les témoins vivants du lien entre la terre et la mer.

















